Test

La tête fluide Miller Compass 15 + trépied Solo 75 à deux sections en carbone

Aujourd’hui, vous l’aurez peut-être compris en lisant le titre de l’article, pour changer ce ne sera pas de photo, mais de vidéo dont on va parler. De nos jours, la plupart des appareils photo sont capables de sortir des images formidables, alors pourquoi ne pas en profiter ? Les trépieds vidéos munis de tête fluide sont des outils quasi-indispensables à tous les vidéastes/cinéastes accomplis et en devenir. C’est tout simplement l’outil nécessaire pour filmer des plans panoramiques comme au cinéma. Vous allez enfin pouvoir filmer la vie qui s’agite devant vos yeux.

Si vous avez déjà essayé avec votre trépied photo (même le plus qualitatif soit-il !) de faire un plan panoramique, en suivant un enfant qui court par exemple, vous avez dû constater que ce n’est tout simplement pas possible de le faire proprement. C’est trop saccadé. Hé oui, ce n’est pas fait pour. C’est la raison d’exister des trépieds et des têtes vidéo fluides.

Il existe de nombreuses marques et tout autant de gammes de prix mais aujourd’hui j’aimerais vous présenter le haut du panier, Miller. Cette marque, relativement peu connue du grand public, mais dont la renommée n’est plus à faire dans le monde professionnel, est spécialiste des trépieds et têtes fluides haut de gamme destinés à la télévision, au cinéma et à la vidéo. En plus, je les ai eus au téléphone et ils sont super sympas, alors pourquoi je m’en priverais ?

Un brin d’histoire…

Pour Miller Tripods, tout commence en 1946 avec le dépôt d’un brevet de la première tête fluide par Robert Eric Miller. Ce premier « prototype » de tête fluide consistait en un cylindre enchâssé dans un autre cylindre légèrement plus grand, le plus petit tournant donc à l’intérieur du plus grand et le tout immergé dans un liquide lubrifiant. Avant ça, les têtes étaient constituées d’assemblages d’engrenages encombrants, lourds et coûteux et les mouvements panoramiques étaient très difficiles.

La marque naquit réellement en juin 1954, lorsque l’entreprise REM PTY LTD fut créée et commença la fabrication de ses produits à Rushcutters Bay, une banlieue de Sydney. Aujourd’hui encore, leurs produits sont entièrement – même les plus petites pièces – conçus et fabriqués à Sydney en Australie.

Ce n’est que plus tard, en Juillet 1971, après un changement de propriétaire, que la société pris le nom de « Miller« .

« Disclosure » comme disent les anglophones:

Ou déclaration des conflits d’intérêt comme on pourrait dire en bon français :

Miller m’a prêté la tête fluide Compass 15 assortie à son trépied Solo 75 à deux sections en carbone pendant un peu plus d’un mois pour que je puisse l’essayer et vous en parler. Je n’ai reçu aucune contre partie financière ni matérielle et je n’ai absolument pas été guidé dans ce que je devais, ou non, écrire dans cet article.

Spoiler: C’est un produit que j’ai beaucoup apprécié, attendez-vous à ce que j’en dise quand même pas mal de bien !

La tête fluide Compass 15 et le trépied Solo 75, 2 sections en carbone

On va enfin pouvoir commencer ! Et en guise d’entrée en matière, voici les caractéristiques de cet ensemble :

La tête fluide Compass 15 est donc une tête à bol de 75mm que vous pourrez fixer sur un trépied adapté. Dans mon cas, c’était le Solo-75, dans sa version avec 2 sections en carbone. Sachez que ce trépied existe aussi en version alliage, un peu plus lourde (+ 500g), ainsi qu’avec une section en plus (seulement dans sa version carbone). Il faut savoir que chez Miller, comme pour les marques concurrentes, il existe des « kits » prêt à l’emploi, mais vous pouvez combiner n’importe quelle tête sur n’importe quel trépied (tant que vous restez dans la même taille de bol), pour ainsi choisir l’ensemble qui vous convient le mieux. Vous pouvez aussi imaginer avoir plusieurs têtes pour un même trépied ou l’inverse, en fonction de vos besoins.

La tête Compass 15 possède une capacité de charge comprise entre 2 et 10kg. Elle permet des rotations panoramiques à 360° et une inclinaison verticale comprise entre +90˚/-75˚. Si avec mes rotules photo, je me sens parfois limité pour les inclinaisons (surtout vers le haut pour l’astronomie), ici, on se sent libre comme l’air pour faire n’importe quel plan ! Jamais je ne me suis senti limité par les mouvements permis par la tête. Elle possède un système de contrebalancement à 4 positions associé à une semelle en queue d’aronde pouvant être équilibrée sur une plage de 60mm. Ainsi, quel que soit le poids entre 2 et 10kg, on peut équilibrer assez simplement et rapidement la tête fluide.

L’ensemble trépied + tête atteint un poids de 5,7kg, ce qui n’est certes pas négligeable. On a ici un matériel destiné aux tournages pro, robuste, tout en métal. Le gage de qualité a quelques inconvénients. Ce n’est pas un trépied avec lequel vous pourrez aller barouder toute la journée en montagne (encore que si vous avez le physique, pourquoi pas !). Si vous souhaitez plus léger chez Miller, il faut viser la gamme AIR qui descend aux alentours des 4,5kg. Ne l’ayant pas eu en main, je n’en parlerai pas plus dans cet article.

Le kit que j’ai testé est commercialisé pour un prix avoisinant les 2000 € TTC. En France, vous pourrez le trouver en région parisienne chez Broadcastor, Cirque Photo Vidéo, Central Vidéo et PBS Vidéo et sur la boutique en ligne de chacun de ces sites.

La hauteur de travail est comprise entre 40 cm, et peut aller jusqu’à presque 180 cm. Cette gamme de hauteur est très confortable, on apprécie de pouvoir faire des plans au ras du sol autant que de prendre un peu de hauteur, ou simplement travailler à hauteur des yeux pour les plus grands d’entre-vous (ce qui n’est pas mon cas par contre !). Une fois replié, l’engin fait environ 86cm et peut rentrer dans la housse qui vous est fournie. Le trépied est également livré avec une sangle à « bulles d’air » qui est assez confortable, je dois dire ! Heureusement, vu le poids ! Les bulles jouent bien leur rôle d’amortisseur.

Choisir sa tête

Avant d’aller plus loin, je pense qu’il est nécessaire de déterminer à quoi on doit penser avant d’acheter une tête fluide. Je dirais que votre réflexion doit se porter sur 2 points en amont de votre achat : l’utilisation que vous allez en faire (pro vs loisirs, film documentaire vs broadcasting,…) et le poids que vous allez mettre dessus. À ça, on peut éventuellement rajouter le budget que vous êtes prêt à mettre, mais suivant votre utilisation justement, vos attentes ne seront pas les mêmes. Le conseil que je peux vous donner, pour ce type de matériel : privilégiez tant que faire se peux la qualité, même si votre budget en pâtis. Il vaut mieux attendre et économiser pour acheter tout de suite la tête qui vous suivra pendant plusieurs années, et même des décennies que d’acheter du bas de gamme, pour l’abandonner quelques temps plus tard. En tête fluide, l’entrée de gamme, c’est une perte de temps et d’argent malheureusement.

Le poids que vous allez fixer dessus est important d’une part, simplement pour choisir un trépied et une tête qui sont capables de le supporter (et ça peut monter très vite en vidéo : caméra, cage, objectif lourd, micro, moniteur-enregistreur, lumière et divers accessoires…), mais aussi, pour les têtes équipées de réglage de contrepoids, il faut que l’ensemble que vous fixez dessus soit suffisamment lourd pour pouvoir équilibrer la tête correctement. S’il est trop léger pour votre tête, vous pourriez avoir du mal à trouver un point d’équilibre.

Allons dans le détail !

Je vais être franc, quand j’ai reçu et ouvert le colis, déballé ce trépied, ma première réaction a été « Waouh ». C’est impressionnant. Et c’est lourd. Mais surtout, c’est impressionnant. Rien n’a été laissé au hasard, aucune pièce ne cliquète, ne bouge, ne force. Tout est dans la douceur.

Concernant le trépied, Solo 75, la version testée ici avait donc 2 sections en carbone (3 parties en fait: la base + 2 « extensions »). Le système de serrage est un système à visser, beaucoup plus pratique et rapide qu’un simple système de serrage à levier. D’un simple tour de main vous pouvez déverrouiller les fixations, presque aussi rapidement, vous pouvez les resserrer. Et surtout, la grosse différence, c’est que lorsqu’il fait froid dehors, avec les systèmes à levier, on a vite fait de se pincer ou de se faire mal aux doigts.

Sur la partie terminale du pied (photo gauche ci-dessus), il y a une pointe métallique escamotable dans un anneau en caoutchouc. Vous pourrez, en fonction de votre milieu, choisir assez rapidement l’un ou l’autre.

Une fois le trépied ouvert et bien installé sur le lieu où vous allez sévir, première étape, faire le niveau. Pour cela, il y a une grosse molette juste sous le bol. Celle-ci est aisément préhensile, et comme toutes les autres composants de ce trépied, le réglage est fluide, simple, tout en douceur. Pas besoin de serrer comme un fou pour que ça tienne. Sur cette même photo, on peut voir un petit anneau métallique, c’est ici que vient s’accrocher la sangle du trépied. Moi, je l’ai enlevée pour me servir du trépied, à la place, j’imagine facilement pouvoir l’utiliser pour lester le trépied et le rendre encore plus stable, un jour de grand vent par exemple.

Pour faire le niveau, une petite bulle est visible à la base de la tête. Vous pouvez même rétro-éclairer cette bulle pour faire le niveau dans le noir. Bien vu Miller, bien vu… (au passage, on peut changer facilement les piles de cet éclairage, pas d’obsolescence programmée ici !)

Comme j’en parlais dans les caractéristiques, le trépied peu descendre très bas. Le réglage se fait simplement avec ces leviers. J’ai l’impression de me répéter, mais encore une fois, rien ne force, tout se fait en douceur. Il y a 3 positions de réglage de l’angle, les pieds pouvant se régler indépendamment les uns des autres.

Sur la tête, plusieurs réglages sont possibles. En bas, de 0 à 5, il s’agit du niveau de friction pour le mouvement panoramique horizontal. À 0, il n’y a aucune résistance, à 5, la résistance est maximale. Pour mes plans, j’aimais bien avoir une résistance moyenne, je jonglais entre les positions 2, 3 et 4. En fonction de ce que vous voulez faire, de ce que vous aimez.

Sur la partie gauche, vous avez également une molette de réglage de 0 à 5 (celle en position 3 sur la photo), il s’agit de la commande permettant de régler la friction du mouvement panoramique vertical. Elle fonctionne exactement comme celle que j’ai précédemment décrite.

Pour ces deux commandes, il convient de faire des essais. Vous devez vous habituer au matériel, trouver vos marques et vos repères.

La commande de droite, numérotée de 1 à 4 correspond au réglage du contrepoids. Pour simplifier, plus votre matériel est lourd, plus vous devrez utiliser un contrepoids important (identifié par un chiffre plus élevé). Lorsqu’elle sera bien équilibrée, la tête ne devra pas bouger lorsque vous la laissez dans une position non-horizontale. Si le contrepoids est trop important, l’appareil reviendra en position horizontale tout seul et à l’inverse, si le contrepoids est trop faible, l’appareil basculera en avant ou en arrière.

Avec cette tête, il est possible de faire des mouvements vraiment très fluides et elle est faite pour ça. Elle est simple et agréable d’utilisation. Cela nécessite bien un peu d’entraînement au début, mais on s’y fait assez rapidement. Il faut réfléchir en amont au mouvement que l’on a envie de faire, anticiper le mouvement, et si vous pouvez (n’hésitez pas à le faire), essayer, essayer encore. Avec des objectifs « standards », du grand angle jusqu’à un petit téléobjectif, il n’y aura aucun souci. J’ai essayé de faire des plans au 300mm, c’est plus difficile. Loin d’être impossible cependant (les plans des cygnes dans ma vidéo 😉 ). Et le problème ne vient pas de la tête fluide, mais plutôt de celui qui s’en sert 😉

Quelques images

Pour contrôler précisément vos mouvements panoramiques verticaux et horizontaux, en plus du réglage de la friction, vous pouvez complétement verrouiller un des deux axes, ou les deux si vous souhaitez faire un plan fixe.

Sur le coté droit, la vis de verrouillage du mouvement vertical. Devant, sur le bas de la tête, la vis de verrouillage du mouvement horizontal.

Et enfin, laissez moi vous présenter l’ultime composant du trépied, mais des pas moindres ! J’ai nommé le tournevis pour serrer la semelle et qui permet aussi de s’ouvrir une bière (ou n’importe quelle boisson à capsule d’ailleurs !)

Conclusion

Qu’on se le dise, on a là une belle bête. Mis à part son poids, dont il faudra s’accommoder, ce trépied vidéo, et surtout la tête, sont vraiment un bel outil de travail. Tout est dit. C’est un outil de travail, pas un jouet. Il remplit toutes ses promesses : fluidité, stabilité, robustesse. Acheter un trépied vidéo Miller, cela représente une somme d’argent, c’est sûr. Dans le cas de l’exemplaire que j’ai testé, un peu moins de 2000€. Si la vidéo n’est qu’un loisir pour vous, en avez-vous réellement besoin ? Si vous êtes un professionnel, vous devriez considérer de faire un achat de ce type. Dans tous les cas, si vous décidez d’acheter un trépied de cette marque, je ne prends aucun risque à vous dire qu’il vous suivra un petit paquet d’années. On est d’accord, c’est beaucoup d’argent, mais pour une tel qualité, ce n’est pas « cher ».

Allez, on l’aura bien mérité pour terminer cet article !

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